mercredi 8 novembre 2017

L’esprit, la lettre, les instruments et le GPS



Une épreuve de cartographie et de navigation, un road book, une route étroite sans trafic inverse qui donne envie d’appuyer un tant soit peu sur le champignon histoire d’avoir quelques sensations au volant de sa voiture de plus de trente ans avant d’atteindre la distance du partiel et d’aviser, il n’en faut pas plus pour savourer cet exercice de navigation.

Seulement sur cette route, juste devant le capot de votre voiture, celle d’un équipage qui lambine, qui pratique le bouchon sans s’en apercevoir, commence à vous gâcher le plaisir rencontré dans ce type de compétition. Oui, car il s’agit bien d’une compétition puisqu’un classement est établi au terme de celle-ci. Qu’à cela ne tienne, en respect de la bienséance qui caractérise les participants, on attend avec patience derrière - nous ne sommes pas dans une ZR - un coup d’oeil rapide dans le rétroviseur nous montre que d’autres concurrents viennent de nous rejoindre dans la « caravane », heureusement le trip nous indique bientôt la distance d’un changement de direction avec le secret espoir de doubler et de reprendre le rythme. Seulement voilà, le traceur malin, voire sarcastique, laisse trainer dans son road book quelques noms de rues à emprunter ou à délaisser et comme par hasard dans la campagne profonde les plaques de rues sont anciennes, parfois difficilement lisibles ou recouvertes de lierre et souvent situées du coté qui nécessite contorsions du pilote ou de son copilote quand ce n’est pas directement la sortie du véhicule pour les chercher. Une fois chaque case validée on se dit que l’on va encore subir le bouchon de la fameuse voiture. Que nenni ! Elle a disparu enchainant rapidement et sans barguigner les enfilades de rues dont les noms étaient à peine déchiffrables. Mais que s’est-il passé ? Une science infuse ? Une efficience subitement retrouvée ? Une aide venue d’ailleurs ?
Vous, les habitués de ce genre d’épreuves, vous qui avez sans aucun doute vécu au moins une fois ce genre de mésaventure vous l’avez bien compris, le GPS est encore passé par là.











Que les tableaux de bord se transforment en cockpit d’Airbus avec pléthore d’instruments (trip, cadenceur, chronos, etc) soit une réalité de plus en plus évidente, passe encore, mais faut-il pour autant que l’équipage se compose désormais, comme dans les avions, d’un troisième personnage nommé pilote automatique ou plus prosaïquement GPS, telle est la question ?


Au-delà de l’interdiction formelle sur le papier, faudra-t-il en venir à des contrôles inopinés sur le terrain et à sanctionner sévèrement ce genre de dévoiement ? Faudra-t-il exiger sur les véhicules récents de masquer le GPS le temps de l'épreuve ? Faudra-t-il faire les poches des équipages à la recherche du smartphone et de l'application GPS qui va bien ? ou bien de trahir en permanence la lettre et l’esprit même de ces compétitions de navigation dans lequelles certaines pratiques deviennent de plus en plus déloyales ?


Vaste sujet à méditer !

3 commentaires:

Jérôme a dit…

Tout à fait d'accord avec cet article. C'est rageant de voir que l'on se fait dépasser au classement à cause d'un non respect du règlement.

André Demonchy a dit…

Il y a aussi l'option de bannir toute instrumentation et de n'utiliser que le compteur kilométrique du véhicule.

Il est certain que l'on aurait de sacrées surprises dans les classements car beaucoup de nos jours ne jurent que par ces technologies sophistiquées embarquées.

Hervé S a dit…

Je n'ai pour seul instrument qu'un compteur de vélo acheté chez Décathlon et cela me suffit amplement. Il remplace bien et en plus précis le totalisateur kilométrique de ma vieille voiture.